Alors que les rues habituellement animées de Dar Es-Salam s’embrasent de lumières festives à la veille de Noël, la Tanzanie vit un moment chargé d’une atmosphère lourde et incertaine. Deux mois après les élections contestées et les manifestations violentes survenues à la fin du mois d’octobre, le pays est plongé dans une profonde crise marquée par une répression violente et la peur palpable au sein de sa population. La décision du gouvernement d’interdire les rassemblements, notamment pour la journée du 9 décembre, a accentué ce sentiment d’oppression, révélant un contexte où les droits humains sont bafoués et où la sécurité semble davantage assurée par la force que par la justice. Cette période de Noël, traditionnellement synonyme de réconfort et de communion, se transforme ainsi en un moment de profonde inquiétude et de silence forcé, dans un pays où les appels à des manifestations pacifiques sont toujours étouffés par une surveillance accrue des forces de l’ordre.
Avec des milliers de morts et de disparus à la suite des manifestations postélectorales, les conséquences de cette crise politique se lisent sur les visages des Tanzaniens. La répression exercée par les autorités a déclenché une onde de choc dans la société civile, menaçant non seulement la stabilité du pays, mais aussi sa réputation à l’échelle internationale. Alors que la présidente Samia Suluhu Hassan consolide son pouvoir dans un climat de terreur croissant, la population tente de trouver des formes d’expression et de résistance, malgré les menaces et le climat d’incertitude. Ce Noël 2025 reste ainsi un moment crucial, où la mémoire des victimes se mêle à l’angoisse d’un avenir incertain, dans une Tanzanie en proie à un conflit profond entre autoritarisme et aspirations démocratiques.
En bref :
- Une répression violente a suivi les élections présidentielles du 29 octobre, provoquant plusieurs milliers de morts.
- La police a interdit tous les rassemblements publics, notamment celui prévu le 9 décembre, suscitant une atmosphère de peur.
- Des appels à des manifestations pacifiques pour Noël ont été lancés mais largement freinés par la répression.
- La communauté internationale, dont Amnesty International et l’ONU, alerte sur la situation des droits humains en Tanzanie.
- Le pays vit un moment de grande tension politique, où les espoirs démocratiques semblent étouffés par la répression étatique.
Le poids de la répression violente après les élections de Tanzanie
Depuis les élections présidentielles du 29 octobre, la Tanzanie est plongée dans une crise sans précédent. Ces élections, censées conforter la présidence de Samia Suluhu Hassan, ont été entachées d’irrégularités massives dénoncées par l’opposition et certains observateurs internationaux. Après l’annonce des résultats, des manifestations ont éclaté, réunissant des milliers de citoyens appelant au départ de la présidente et à la tenue de nouveaux scrutins libres et transparents.
La réponse du gouvernement a été sévère et rapide. Les forces de sécurité ont déployé une répression violente qui a fait plusieurs milliers de morts, selon les chiffres avancés par le parti d’opposition Chadema. Les méthodes utilisées incluent des tirs à balles réelles, des arrestations arbitraires et des disparitions mystérieuses de manifestants, que des organisations internationales comme Amnesty International qualifient de violations graves des droits humains.
Au-delà des pertes humaines, cette vague de violence a semé la terreur dans la population civile. La crainte de nouvelles représailles engendre une atmosphère de méfiance généralisée et un isolement des acteurs de la société civile. La vie quotidienne est bouleversée, et même les moments de célébration comme Noël sont désormais marqués par la peur.
La répression a aussi des répercussions économiques et sociales majeures. Le secteur touristique, l’un des piliers de l’économie tanzanienne, est fragilisé par cette instabilité. Des appels à boycotter la Tanzanie ont émergé, dénonçant ce qu’ils considèrent comme un « paradis touristique marqué par la répression sanglante ». Cette lutte pour le pouvoir s’inscrit donc dans un contexte où la sécurité et la paix civile semblent gravement compromises.
Pour mieux comprendre l’ampleur de la crise, voici un tableau récapitulatif des événements majeurs depuis les élections, appuyant le climat de peur :
| Événement | Date | Impact |
|---|---|---|
| Élections présidentielles contestées | 29 octobre 2025 | Appel au boycott et manifestations massives |
| Début de la répression violente par la police | Fin octobre 2025 | Plus de 1600 morts selon opposition |
| Interdiction des rassemblements publics | Début décembre 2025 | Suspension des manifs du 9 décembre |
| Appels à manifestations pacifiques à Noël | Dernière semaine de décembre 2025 | Mobilisation freinée par la répression |
Cette chronologie illustre à quel point le gouvernement tanzanien a choisi la voie de la force pour étouffer toute opposition, renforçant ainsi un climat de peur généralisée au sein de la population.
Tanzanie : la vie quotidienne prise en otage par la peur et la sécurité renforcée
Alors que la violence d’octobre a laissé des traces indélébiles, le 25 décembre, date symbolique de Noël, devait être un moment de rassemblement pacifique et de mémoire. Cependant, dans les églises de Dar Es-Salam comme celle d’Azania Front, l’atmosphère est lourde, entre traditions et silence imposé par la crainte.
Les Tanzaniens hésitent à célébrer ouvertement, car la sécurité est omniprésente. La police a renforcé sa présence, multiplie les patrouilles et contrôle les mouvements de la population. Les autorités justifient ces mesures par la nécessité d’éviter de nouvelles manifestations, mais cette sécurité accrue se vit comme une surveillance constante qui restreint les libertés individuelles.
Les fidèles désirant vivre un Noël serein affrontent un dilemme : préserver leurs traditions culturelles et spirituelles ou céder à la peur qui paralyse une part importante de la société. Ce vécu illustre le poids écrasant de la répression politique, qui ne s’arrête pas à la sphère politique mais pénètre profondément la vie sociale et culturelle.
Cette situation a aussi motivé de nombreuses voix à l’international, soulignant le caractère inquiétant de cette montée en puissance sécuritaire face à des citoyens qui réclament leurs droits. Selon divers rapports, on observe une utilisation illégale de la force meurtrière par les forces de sécurité, une réalité que les Tanzaniens vivent au quotidien avec un sentiment d’impuissance.
Pour mieux saisir l’impact de ces mesures sécuritaires, voici une liste des principaux secteurs affectés par ce climat de peur renforcé :
- Liberté d’expression : muselée par la surveillance et les arrestations ciblées.
- Liberté de rassemblement : interdite, notamment pour les manifestations pacifiques.
- Vie religieuse : perturbée par les contrôles lors des célébrations traditionnelles.
- Tourisme : affecté par la mauvaise image internationale liée à la répression.
- Économie locale : freinée par l’instabilité politique et l’insécurité.
Les Tanzaniens vivent ainsi un Noël sous haute tension, où chaque geste public peut être surveillé, et où la peur s’impose comme une ombre persistante, affectant profondément le tissu social du pays.
Les appels à la mobilisation et l’interdiction des rassemblements, un bras de fer politique
À l’approche de Noël, plusieurs groupes d’activistes ont lancé des appels à des manifestations pacifiques, notamment pour commémorer les victimes des violences postélectorales et renouveler la demande d’un gouvernement plus transparent. Ces initiatives témoignent de la résilience d’une partie de la société civile tanzanienne, déterminée à ne pas laisser la répression définir son avenir.
Cependant, l’État a répondu par une stricte interdiction des manifestations, affichant une posture inflexible. La police a interdit les rassemblements annoncés pour le 9 décembre, jour de la fête nationale, comme une tentative de prévenir tout regain de contestation.
Cette décision a été vivement critiquée, notamment dans les milieux des droits humains, où elle est perçue comme une atteinte grave aux libertés fondamentales. Les appels à des journées de mobilisation ont régulièrement été avortés, souvent par crainte d’une réaction violente de l’armée et des forces de police sous tension.
Sur les réseaux sociaux, un mois de mobilisation intense n’a pas suffi pour convaincre une large partie de la population de descendre dans la rue. La peur, nourrie par les récentes violences, a eu raison de beaucoup d’engagements, illustrant le poids du climat sécuritaire dans la vie politique.
Voici quelques mesures prises par l’État pour neutraliser les manifestations :
- Interdiction des rassemblements publics via des décrets officiels.
- Surveillance accrue des leaders opposants et arrestations préventives.
- Multiplication des patrouilles et contrôle renforcé des zones urbaines.
- Censure des plateformes numériques évoquant la mobilisation.
- Usage disproportionné de la force lors de manifestants malgré le caractère pacifique.
Cette confrontation reflète une crise politique majeure, où s’affrontent la puissance de l’État et la volonté d’une partie de la population de revendiquer ses droits démocratiques, sur fond de peur généralisée.
Répercussions internationales et appels à la responsabilité sur les droits humains en Tanzanie
La situation en Tanzanie a suscité une inquiétude croissante au niveau international. Des organisations non gouvernementales telles qu’Amnesty International ont lancé des alertes concernant la disparition mystérieuse de plusieurs corps et les exactions liées aux manifestations postélectorales. Ces rapports dénoncent une utilisation illégale de la force meurtrière par les forces de sécurité et appellent à des enquêtes indépendantes pour faire la lumière sur ces violences.
Par ailleurs, les Nations Unies ont également exprimé leur préoccupation face à cette répression croissante. L’ONU a sonné l’alarme, insistant sur la nécessité de respecter les droits humains et d’engager un dialogue politique pacifique afin de restaurer la confiance entre le gouvernement et la société civile. Ces appels à la responsabilité s’inscrivent dans un contexte où le régime semble privilégier le maintien de l’ordre par la peur, au détriment d’une véritable résolution des conflits.
Cette pression extérieure met en lumière l’importance d’une réponse concertée pour éviter que la crise ne s’enlise davantage et ne provoque une instabilité régionale. En effet, la situation en Tanzanie a des répercussions directes sur l’ensemble de la région d’Afrique de l’Est, pouvant influencer les flux migratoires, les relations économiques et les équilibres politiques.
Pour mieux appréhender la portée des réactions internationales, voici un tableau des principales organisations concernées et leurs prises de position majeures :
| Organisation | Position | Actions menées |
|---|---|---|
| Amnesty International | Alerte sur les violations des droits humains et disparition des corps | Rapports et appels à une enquête indépendante |
| Organisation des Nations Unies (ONU) | Appel au respect des droits et dialogue politique | Communiqués officiels et missions de suivi |
| Union africaine | Encourage un dialogue pacifique entre parties | Médiations et recommandations politiques |
| ONG locales de droits humains | Support aux victimes et sensibilisation | Campagnes d’information et soutien juridique |
Ces initiatives témoignent de la nécessité urgente d’un apaisement pour que la Tanzanie puisse sortir de cette crise, garantir la sécurité de ses citoyens et préserver sa démocratie encore fragile.
Les perspectives d’avenir pour la Tanzanie entre espoirs démocratiques et règne de la peur
La Tanzanie, pays riche d’une histoire culturelle et politique complexe, se trouve aujourd’hui à un carrefour crucial. Traditionnellement perçue comme une nation relativement stable en Afrique de l’Est, elle fait face à un tournant marqué par un conflit majeur entre aspirations démocratiques et volonté autoritaire du pouvoir en place. Depuis son indépendance, le pays a connu des périodes de paix mêlées à des soubresauts politiques, comme le détaille une comparaison historique ici.
La présidente Samia Suluhu Hassan, en consolidant son contrôle malgré les contestations, semble amorcer une phase où le règne de la peur risque de supplanter celui de la démocratie. Le silence imposé aux voix dissidentes, l’utilisation croissante de la force, et la surveillance étroite de la population témoignent de cette dérive autoritaire. La société civile prépare cependant de nouvelles stratégies pour maintenir vivantes les revendications, malgré un climat répressif.
Dans ce contexte, l’économie et l’écotourisme, piliers essentiels de la Tanzanie, sont à la croisée des chemins. Alors que certains militants appellent au boycott touristique pour dénoncer la répression sanglante comme expliqué ici, d’autres acteurs appuient un tourisme responsable, conscient des enjeux sociaux et politiques locaux.
Voici une liste des principaux défis qui attendent la Tanzanie dans les mois à venir :
- Rétablissement du dialogue politique entre opposants et gouvernement.
- Enquête transparente sur les violences postélectorales.
- Respect accru des droits humains sous contrôle international.
- Protection des libertés civiles malgré la pression sécuritaire.
- Promotion d’un écotourisme responsable qui intègre les enjeux sociaux.
D’ores et déjà, les prochaines étapes politiques et la manière dont sera gérée cette crise auront un impact important sur la stabilité future du pays et sur sa position régionale.
Quelle est la principale cause des violences post-électorales en Tanzanie ?
Les violences résultent des irrégularités lors des élections du 29 octobre, jugées frauduleuses par l’opposition, ce qui a provoqué des manifestations massives et une répression brutale.
Pourquoi la police a-t-elle interdit les rassemblements en décembre ?
Les autorités ont imposé l’interdiction pour prévenir tout regain de contestation, justifiant ces mesures par la nécessité de maintenir la sécurité publique dans un contexte tendu.
Quelles sont les conséquences de la répression sur la société tanzanienne ?
La répression a engendré un climat de peur, limité les libertés civiques, perturbé l’économie et fragilisé le tissu social avec de nombreux morts et disparus.
Comment la communauté internationale réagit-elle face à la crise ?
Des organisations comme Amnesty International et l’ONU appellent à des enquêtes indépendantes, au respect des droits humains et à un dialogue politique pacifique.
Quel avenir pour le tourisme en Tanzanie face à la répression ?
Le tourisme est mis à mal par l’image négative liée aux violences. Certains militants appellent au boycott, tandis que d’autres militent pour un écotourisme responsable et solidaire.
Source: www.la-croix.com
Asha partage son expertise du terrain à travers des guides précis sur les voyages en Tanzanie, les safaris dans les parcs nationaux, la culture massaï et les meilleures destinations comme Zanzibar, Serengeti ou le Kilimandjaro. Forte de plus de dix ans d’expérience auprès des voyageurs internationaux, elle produit des contenus fiables pour préparer un séjour en Tanzanie en toute sécurité et avec un profond respect des traditions locales.

