Les élections du 29 octobre 2025 en Tanzanie ont déclenché une vague de manifestations post-électorales marquées par une répression sanglante et une utilisation illégale de la force meurtrière par les forces de sécurité. Tandis que des centaines de personnes manifestaient pour exprimer leurs désaccords et leurs revendications, les autorités ont répondu par une violence policière d’une brutalité sans précédent, faisant de nombreuses victimes dont certaines n’ont jamais été retrouvées. Cette crise politico-sociale a plongé le pays dans une atmosphère de peur et de chaos, et soulève de graves questions quant au respect des droits civils et des droits humains fondamentaux en Tanzanie.
Les forces de sécurité ont systématiquement tiré à balles réelles sans avertissement sur des manifestants, souvent pacifiques, mais aussi sur des passants pris au piège dans les zones touchées par les violences. L’usage abusif de gaz lacrymogènes, même à l’intérieur d’habitations, ainsi que la disparition des corps des victimes, amplifient la gravité de la crise et témoignent du mépris affiché des autorités pour le droit à la vie et la liberté d’expression. Cette situation soulève une onde de choc à travers l’Afrique de l’Est et au-delà, où la communauté internationale appelle à la transparence et à la responsabilité des responsables.
- Usage disproportionné de la force meurtrière par les forces de sécurité tanzaniennes lors des manifestations.
- Disparition inquiétante des corps des victimes dans plusieurs villes, compliquant le deuil des familles.
- Blocage de l’accès à Internet utilisé pour restreindre la circulation de l’information et entraver les soins aux blessés.
- Création d’une commission d’enquête par le gouvernement, avec des doutes sur son impartialité.
- Violations graves des droits humains dénoncées par Amnesty International et d’autres organisations.
Contexte et déroulement des manifestations post-électorales en Tanzanie
À la suite des élections controversées du 29 octobre 2025, la Tanzanie a vu éclater un mouvement massif de manifestations post-électorales, principalement mené par des jeunes et des partisans de l’opposition. Ces démonstrations visaient à dénoncer des irrégularités perçues, à revendiquer transparence et équité électorale, mais aussi plus largement à défendre les droits civils de la population. Le contexte électoral était déjà tendu, avec une montée palpable de l’intolérance politique et une surveillance accrue des opposants.
Face à ces rassemblements, les forces de sécurité ont adopté une stratégie répressive caractérisée par une réponse disproportionnée, marquée par des interventions brutales. Dans plusieurs villes, dont Dar es Salaam, Arusha, Mwanza ou encore Tunduma, les policiers et militaires ont recouru à des tirs à balles réelles et à l’usage intensif de gaz lacrymogènes, souvent sans sommation ni tentative préliminaire de désescalade.
Le recours à une force meurtrière illégitime s’est manifesté par de nombreux incidents où des passants non impliqués ont également été victimes de blessures graves ou de morts. Des témoignages accablants recueillis auprès de professionnels de la santé, manifestants et témoins oculaires relatent l’usage inconsidéré des armes, provoquant un traumatisme collectif d’une rare violence.
Dans ce contexte, la coupure généralisée de l’accès à Internet a contribué à étouffer l’information, à limiter les communications en temps réel et à compliquer la prise en charge médicale des blessés. Cette mesure, souvent citée comme une stratégie de contrôle de la population, a renforcé l’opacité des événements et accru la méfiance envers les autorités gouvernementales. Pour approfondir cette analyse, il est utile de consulter des ressources telles que ce rapport détaillé sur la période post-électorale.
Usage illégal de la force meurtrière par les forces de sécurité lors des manifestations en Tanzanie
L’enquête menée par Amnesty International révèle un schéma alarmant d’usage excessif et inapproprié de la force par les forces de sécurité tanzaniennes. Entre le 29 octobre et le 3 novembre 2025, les forces de police et militaires ont tiré sans discernement, blessant et tuant beaucoup de manifestants et même des civils innocents. La documentation recueillie inclut des témoignages poignants, des preuves photographiques et vidéo, ainsi que des analyses médico-légales confirmant des blessures par balles à très haute vélocité, caractéristiques d’armes militaires.
La répression n’a pas épargné les lieux de soins, où les personnels médicaux ont été soumis à des pressions pour livrer les blessés aux autorités ou interrompre leurs soins. Certains patients grièvement blessés, notamment des sympathisants du parti d’opposition CHADEMA, ont été enlevés alors qu’ils étaient encore sous traitement, et n’ont jamais été revus.
La violence s’étendait au-delà des tirs à balles réelles, avec un usage létal et illégal du gaz lacrymogène. Des grenades ont été lancées directement dans des habitations, mettant en danger des familles, parfois présentes avec de très jeunes enfants, et provoquant des blessures graves.
Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, a souligné la gravité de ces actes : « Les violences perpétrées par les forces de sécurité contre les manifestant·e·s et des personnes qui vaquaient simplement à leurs occupations quotidiennes sont choquantes et inacceptables, et témoignent une nouvelle fois de l’intolérance croissante en Tanzanie. »
Ces abus graves et le mépris flagrant pour les droits humains ont été dénoncés dans divers médias et rapports fiables, comme cette enquête CNN révélant la répression post-électorale.
Disparition des corps et entraves à la justice en Tanzanie
Parmi les conséquences les plus terrifiantes de cette répression, la disparition de centaines de corps de victimes interpelle profondément sur les méthodes des forces de sécurité et leur volonté de dissimuler des crimes graves. Des professionnels de la santé et des familles endeuillées ont confirmé que des corps ont été retirés des morgues sans justification officielle, souvent transportés vers des destinations inconnues, rendant impossible aux familles d’accomplir les rites funéraires traditionnels indispensables en Tanzanie.
Dans plusieurs hôpitaux de Dar es Salaam, Mwanza et Arusha, les morgues ont été submergées, ce qui a conduit à des scènes dramatiques où des cadavres patientaient à l’air libre, exposés aux éléments et vecteurs comme les corbeaux. Ce spectacle macabre a profondément choqué le personnel médical, habitué à gérer des situations difficiles mais jamais à une telle échelle ni dans des conditions aussi inhumaines.
Le cas de Stephano China, 19 ans, abattu dans la répression, illustre parfaitement ces difficultés. Sa dépouille, arrivée en morgue, a disparu le lendemain après une intervention policière, privant sa famille de tout moyen de faire son deuil. Cette situation tragique a obligé certains proches à enterrer symboliquement ses vêtements et sa photo, en signe de deuil et de mémoire, un acte qui témoigne de la blessure profonde laissée par ces disparitions.
Face à cette crise, la création d’une commission d’enquête par le président tanzanien a été annoncée, mais elle suscite des doutes quant à son indépendance et à son efficacité réelle. La société civile appelle à des investigations impartiales et transparentes pour que justice soit faite, partout, sans distinction hiérarchique.
Le tableau ci-dessous récapitule les villes concernées par les disparitions des corps et les conditions rencontrées :
| Ville | Nombre estimé de corps disparus | Situation des morgues | Impacts sociaux |
|---|---|---|---|
| Dar es Salaam | Plusieurs centaines | Morgues saturées, corps exposés à l’extérieur | Deuil impossible, colère sociale |
| Mwanza | Au moins 70 corps documentés | Entassement à même le sol et sur brancards | Traumatisme médical et familial |
| Arusha | Dizaines | Disparitions après arrivée en morgue | Familles en quête de justice |
| Tunduma | Cas documentés | Corps emportés par la police | Impossibilité des rites funéraires |
Ces actes, alliant disparition des corps et obstruction aux soins, témoignent d’une volonté claire d’étouffer la vérité et mettent en lumière la gravité des violations des droits humains commises en Tanzanie. Pour mieux saisir cette tragédie, un focus complet est disponible sur la réaction de l’Église face aux violences post-électorales.
Les réactions nationales et internationales face à la répression en Tanzanie
La violence policière et les violations des droits civils lors de ces manifestations ont provoqué une onde de choc au sein de l’opinion publique locale et de la communauté internationale. À l’intérieur du pays, plusieurs organisations de la société civile, activistes, opposants et membres de la population appellent à des journées de mobilisation pour dénoncer cette répression sanglante, mais doivent souvent renoncer face à un climat de peur renforcé par des interdictions de manifestation et une surveillance accrue.
La communauté internationale, dont l’ONU, a exprimé ses inquiétudes quant à la dérive autoritaire et aux risques graves pesant sur les libertés fondamentales à l’approche des événements nationaux majeurs. Le Haut-Commissariat aux droits humains a notamment appelé à mettre un terme à l’usage disproportionné de la force et à respecter le droit à la liberté d’expression et à la réunion pacifique. Cette position est détaillée dans une alerte officielle diffusée à l’approche de la fête nationale.
Face à ces événements, le gouvernement a revendiqué sa fermeté face à la contestation populaire, justifiant ses actions par la nécessité de maintenir l’ordre. Cependant, cette position a suscité contre-attaques et critiques sévères de la part des défenseurs des droits humains et des observateurs internationaux, qui pointent le caractère disproportionné et illégal de cette répression.
Les conséquences vont bien au-delà du cadre strict des manifestations. Des appels à boycott de la Tanzanie en tant que destination touristique ont émergé, mettant en lumière les répercussions économiques et sociales potentiellement durables. Pour en savoir plus sur les implications de cette crise pour le tourisme, consultez cet article d’analyse spécialisé.
Mesures à prendre pour garantir justice et respect des droits civils en Tanzanie
Le retour à une situation stable et pacifique en Tanzanie ne peut passer que par une réelle volonté des autorités d’amorcer un processus de justice transparente et indépendante. La création d’une commission d’enquête est une première étape, mais elle doit être accompagnée d’engagements forts pour garantir que les responsables des violences, du recours illégal à la force meurtrière jusqu’à la disparition des corps, soient identifiés et traduits en justice.
Les familles des victimes, les défenseurs des droits civiques et les organisations internationales insistent sur la nécessité de respecter le droit des victimes et de leurs proches à connaître la vérité, à obtenir réparation et à pouvoir procéder aux rites funéraires dans la dignité.
Le processus de reconstruction sociale devra intégrer une réforme des forces de sécurité, la formation aux droits humains et la mise en place de mécanismes de contrôle effectifs pour prévenir toute récidive. La société civile et la communauté internationale jouent un rôle clé dans l’accompagnement de ce changement, par l’appui à la surveillance indépendante et la sensibilisation aux droits civiques.
- Indépendance et transparence des enquêtes pour que justice soit rendue.
- Remise des dépouilles aux familles afin de permettre les rites funéraires traditionnels.
- Réformes institutionnelles pour prévenir l’usage abusif de la force.
- Assistance psychologique aux victimes et aux témoins des violences.
- Engagement international pour garantir la protection des droits humains en Tanzanie.
Pour suivre les derniers développements concernant cette situation endeuillée et complexe, il est conseillé de consulter régulièrement des sources crédibles comme ce reportage sur la répression policière récente et divers rapports d’organisations telles qu’Amnesty International.
Quels ont été les impacts des manifestations post-électorales en Tanzanie ?
Les manifestations ont conduit à une répression violente avec des centaines de morts et blessés, une coupure d’internet généralisée, des disparitions de corps, ainsi qu’une crise profonde des droits civils dans le pays.
Comment les forces de sécurité ont-elles utilisé la force durant ces manifestations ?
Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles sans sommation, utilisé abusivement des gaz lacrymogènes, et ont empêché les blessés d’accéder aux soins, provoquant de nombreuses violations des droits humains.
Quelles sont les principales préoccupations concernant la commission d’enquête mise en place ?
Des doutes sont émis sur son indépendance réelle. La société civile réclame des enquêtes approfondies, impartiales et indépendantes pour que les responsables soient tenus pour compte.
Que réclament les familles des victimes de la répression ?
Elles exigent la remise des corps pour pouvoir procéder aux funérailles traditionnelles, ainsi que justice, réparation et vérité sur la disparition de leurs proches.
Quel rôle la communauté internationale joue-t-elle ?
Elle exerce une pression politique et morale en appelant à la fin des violences, à la garantie des libertés fondamentales, et soutient les efforts pour une enquête indépendante et la protection des droits civils.
Source: www.amnesty.org
Asha partage son expertise du terrain à travers des guides précis sur les voyages en Tanzanie, les safaris dans les parcs nationaux, la culture massaï et les meilleures destinations comme Zanzibar, Serengeti ou le Kilimandjaro. Forte de plus de dix ans d’expérience auprès des voyageurs internationaux, elle produit des contenus fiables pour préparer un séjour en Tanzanie en toute sécurité et avec un profond respect des traditions locales.
